L’Amour ? Mieux vaut tard que jamais !

L’Amour ? Mieux vaut tard que jamais !

Je viens de lire une remarque d’un psychiatre d’un CRA qui généralisait malheureusement de manière un peu stupide ce que ça fait parfois d’être un autiste face aux sentiments… Il disait à une jeune femme qu’elle ne pouvait pas être autiste car elle savait faire la différence entre « ami-e » et « amoureux-se »... Un peu réducteur le psy… car oui c’est compliqué mais pas pour tous et surtout, good new, ce n’est pas irréversible ! Very bad new, encore un psy du CRA à côté de la plaque !

Quand enfin à 42 ans j’ai commencé à être moi et à prendre conscience de mon autisme, à la faveur du diagnostic de mon Titi, il y a eu un grand tournant dans ma vie de femme. J’étais empêtrée dans une sombre histoire, sordide et clandestine, encore une fois. Cette fois avec une manipulatrice narcissique de haut niveau, j’avais décroché la timbale ! Bingo de la loose amoureuse ! J’étais malmenée comme souvent je l’ai été. A croire que quand même je le cherchais !

Alors pendant quelques mois, j’ai tenté une première psychothérapie, au CMP de ma ville. La cata…  Je ne retiens de cette dame que ses doc de couleurs que j’ai longtemps observées, dans son bureau moche et froid. Je me souviens surtout de son souci de me montrer à quel point elle maîtrisait les conjonctions de coordination et les adverbes. Chacune de ses séances commençait par : « Donc ...? » ou bien « Alors… ? », Et voilà… Impressionnant. Moi, j’étais censée rebondir alors qu’elle ne réagissait jamais à ce que je lui disais. Mais plutôt que de rebondir je m’interrogeais sur le prochain adverbe... J’ai du faire 6 séances, puis avoir un joli acte manqué et ne plus jamais y retourner.

Forcément, il m’a fallu du temps pour retenter l’aventure, mais cette histoire m’engluait, me détruisait, je m’angoissais pour mon fils, j’étais mal, je devais avancer. Pendant prés d’un an, j’ai suivi une deuxième psychothérapie. En libéral cette fois. Et la psy avait un joli cabinet cosy avec des gros fauteuils clubs confortables. Elle ne portait pas de doc. Elle m’écoutait, me parlait, m’orientait, me questionnait. On a beaucoup avancé ensemble, je lui dois beaucoup. Avec elle, j’ai sorti la tête de l’eau et j’ai appris à me respecter. Enfin… !

Je suis sortie du marasme, seule. Enfin, avec son aide. Et enfin j’ai compris comment je fonctionnais ou plutôt dysfonctionnais depuis toujours… Amour ou amitié ? Quelle différence ? Je me suis rendu compte très vite que je ne savais pas. Je ne comprenais pas, je ne ressentais pas la différence. Alors je laissais l’autre décider et mettre un mot sur notre relation. Si pour l’autre c’était de l’amitié alors pour moi ça en était… Et si c’était de l’amour, je suivais… Mais moi, là dedans ? Moi, je voulais quoi ? Je n’en savais rien… Alors parfois, c’était plutôt confortable, un temps, parfois pas du tout.

Ce que j’ai su très vite c’est que j’étais plutôt attirée par les filles que par les garçons. Que si la relation pouvait être forte avec un garçon, le contact physique lui m’était désagréable. Donc les garçons étaient forcément des potes… ! Facile !

Mais pour les filles ? Comment savoir ? Je m’investissais dans des relations sans savoir ce que je ressentais, sans même comprendre ce que mon corps pouvait trouver à en dire. Et je vivais des histoires rarement désirées parce que je laissais l’autre décider pour moi. Des histoires avec des femmes mariées ou tout comme, en mal d’amour, désireuses de pimenter leur vie ou en recherche de nouvelles sensations, ayant une main-mise sur moi à la limite (et parfois même hors limite) de la perversion. Je subissais sans grand enthousiasme les montagnes russes émotionnelles que généraient en moi ces histoires clandestines et cruelles. Et quand on n’était pas dans une situation de liaison extra conjugale, j’étais dans un positionnement de sauveuse face à une personne fragile et je m’oubliais complètement dans ce sauvetage vain qui se terminait en naufrage absolu.

Petite, j’ai trop entendu que j’étais égoïste, sans même comprendre ce que l’on attendait de moi et ce que l’on me reprochait. Alors j’ai passé une bonne moitié de ma vie à tenter de prouver que je ne l’étais pas… Quitte à m’oublier. Quitte à me perdre.

Je n’étais pas égoïste, j’étais juste coincée dans un autisme que j’ignorais et je ne comprenais rien aux autres et à ce qu’ils pouvaient attendre de moi… J’ai fini par apprendre et du coup suis tombée dans l’excès inverse, l’abnégation.
Évidemment, cet excès là est dangereux, il fragilise et il expose aux pervers, parce que naïve comme j’étais, ça devait être trop tentant !

Ma psy m’a poussée à chercher en moi des inconforts, des sensations désagréables, des intuitions… Et en y réfléchissant, évidemment j’en avais ressenti, plein. Mais je n’avais pas voulu les écouter… Évidemment il y avait eu des signaux d’alerte, mais je ne me faisais pas assez confiance pour les entendre. Et je me prenais le mur en pleine tête, encore et encore !

J’ai appris à les repérer, à les décoder, à les écouter ces signaux. J’ai appris à ne plus subir et donc à me respecter. A partir du moment où on apprend ça, on ne peut qu’être enfin heureux. Pour la première fois de ma vie j’ai quitté quelqu’une. Je lui ai dit cet inconfort qu’elle m’inspirait. Je lui ai dit que l’amour ce n’était pas ça. J’avais enfin compris que quand un sentiment apporte de la douleur et de l’insécurité ça ne s’appelle pas de l’amour mais de la dépendance affective. Avec ma psy, on a décidé que je parcourrais seule le chemin maintenant. C’est ainsi que s’est achevée ma deuxième psychothérapie. J’avais grandi.

Pour la première fois de ma vie, j’ai cessé de subir et j’ai agi en stoppant cette histoire toxique. Voilà, ça c’était fait ! Et après ? Alors l’étape suivante ça a été de savourer ce sentiment nouveau de respect de moi même et du refus de subir. Et ça, croyez-moi, c’est ENORME ! Ça change la vie d’en devenir acteur !

Et quand enfin on agit, on est capable de faire les bonnes rencontres. LA bonne rencontre. J’ai eu cette chance. Et cette fois, je n’ai pas subi qu’elle en fasse une amitié ou un amour. J’ai sondé mes sensations, cherché des inconforts en sa présence. Il n’y en avait pas. Elle n’avait pas besoin d’être sauvée. Je ne serais pas sa bouée. J’ai analysé ce que m’inspirait d’être avec elle, de penser à elle : que du positif. Alors pour la première fois, j’ai fait le premier pas ! J’avais enfin brisé le schéma de répétition ! L’Amour, le vrai, celui avec un grand A, celui qui apaise et qui positive tout, celui qui sécurise, celui qui permet enfin juste d’être soi, est arrivé ! Ouf !

Et au bout de quelques temps, j’ai démarré ma troisième psychothérapie. Parce que trouver l’amour c’est déjà une belle étape, mais le vivre c’en est une autre…. Surtout quand la vie n’est pas un long fleuve tranquille. Qu’elle place des obstacles sur le chemin. Surtout quand on traîne ses casseroles. Là, j’ai appris à trouver ma place dans mon histoire d’amour et à comprendre que je n’étais responsable que de mon propre bonheur… pas du sien. Qu’aimer c’est d’abord être heureux et en faire profiter l’autre…

Je suis heureuse. Enfin. J’ai dû apprendre à l’être. J’ai été aidée… Sinon je serais probablement encore dans cette spirale faite de petites ascensions et de chutes retentissantes.

Si tu ne l’as pas encore trouvé, surtout ne désespère pas ! L’Amour pour certains c’est simple… Pour d’autres, non et parfois ça s’apprend… Parfois, on met 46 ans à être prêt… Mieux vaut tard que jamais !

Commentaires

Soumis par Sabrinz le dim 24/03/2019 - 18:25

Bonjour, je voudrais savoir comment tu avais rencontré ce grand amour, celui avec un grand A. Par un site de rencontre, dans un lieu public, des ami(e)s interposés ?
Et merci pour cette publication dans laquelle je me retrouve bcp.

Soumis par admin le mer 27/03/2019 - 10:33

Rencontre 15 après une première rencontre... les hasards de la vie... ;)

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