Comment on va vivre le mois prochain ? L'énergie du stress administratif...

L'énergie du stress administratif...

Début 2013 : Licenciement économique de mon emploi à temps partiel pour congé parental.

Chômage.

Début 2014 : Diagnostic de mon fils. Je m'effondre. Un mois. Je rebondis. Je vivrai de mon autoentreprise, à la maison à temps partiel pour être dispo pour lui. Je crée des sites web, fais de la comm. Ca me plait et ça plait aux autres.

Fin 2015 : on vivote mon fils et moi, un mois je gagne que dalle, le mois d'après ça va, le suivant des queux de cerises. La CAF verse des aides, recalcule, le reprends sur l'AEEH de mon fils, évidemment toujours dans les mois creux...

Je finis 2015 en burn-out total. Je ne facture plus mes clients. certains me paieront. D'autres profiteront. Je n'en démarche plus de nouveaux. Je travaille après son endormissement, parfois 23h, jusque 2 ou 3 h... Il se réveille vers 6h30. J'ai une tête à faire peur...

Une technicienne CAF me recommande de cesser mon activité pour qu'au moins tous les mois soient identiques et que je n'ai plus à autant stresser pour la thune. "L'énergie que vous dépensez à ce stress vous l'aurez pour votre enfant...". Merveilleux. Je prends ce conseil.

Janvier 2016 : je cesse mon activité. La MDPH octroie à mon fils le complément 5. Suivant les conseils de la technicienne CAF et d'une assistante sociale, je reste inscrite à Pole Emploi qui m'octroie l'Allocation Spécifique de Solidarité, eu égard à mon licenciement économique et la fin de mon allocation. La logique voudrait que je sois au RSA et non en ASS vu que pour de vrai à ce moment là je ne cherche pas un emploi mais suis susceptible d'en chercher un un jour. Mais, il y a un mais que l'on m'oppose très vite : si je fais une demande de RSA elle sera retoquée vu que je suis éligible à l'ASS et que pour être bénéficiaire de RSS il faut produire un refus d'ASS.

Août 2017 - Renouvellement MDPH, sans changement notable. Toujours AEEH au C5.

Les mois passent... Les années. Effectivement ma situation est moins inconfortable, pour gérer l'accompagnement de mon enfant et ma compta de maman avec un enfant autiste dont la majorité des soins ne sont pas remboursés.

Août 2019 - Renouvellement MDPH, sans changement notable. Toujours AEEH au C5.

Septembre 2019 - Coup de fil de la MDPH contactée par la CAF au motif que je ne serais en fait pas éligible au complément 5 du fait que je reste inscrite à Pole Emploi...

Ok... Ca fait 3 ans que ça dure et que quand même je fais des déclarations trimestrielles de mes revenus à la CAF vu que je touche 60 balles de RSA... C'est pas comme si j'avais caché mes revenus, falsifié mes déclarations... Non...

Prise de contact avec la CAF qui envisage de me redescendre en AEEH de base.

Ok... Et comment on vit ? Comment je paye les soins en libéral de mon fils ? 

Aujourd'hui, après gros stress, moult appels, j'ai donc demandé ma radiation de Pôle Emploi, en espérant que la CAF renoncera bien à sa décision pour le mois en cours de rétrograder les droits de mon fils à l'AEEH de base, car sinon le mois prochain, non seulement nous n'aurons plus l'ASS mais en plus nous perdrons la majeure partie de l'AEEH... Et si dans le meilleur des cas l'AEEH est bien maintenue au C5, pourrais je bénéficier du RSA ? Et sinon comment vivra-t-on avec 500€ de moins ? et si je ne suis ni demandeur d'emploi ni au RSA, sera-t-on toujours affiliés à la CPAM...?

Bref, aujourd'hui mon cerveau est au bord de l'explosion et mon stress à son max...

Bref quand tu es parent d'un enfant porteur de handicap, comme si ta vie n'était pas déjà assez compliquée comme ça avec un max de trucs à gérer, pour t'en rajouter on te plonge dans des imbroglios administratifs qui te foutent dans un stress terrible quand ce n'est pas aussi dans la mouise financièrement...

 

Alors aujourd'hui, je me noie dans les appels et la paperasse, la peur et l'angoisse.

Aujourd'hui, l'énergie que je dépense à ce stress administratif, c'est clair que je ne l'ai pas pour mon enfant...

Je rêve d'un monde où mon unique souci serait de regarder mon enfant grandir sereinement...

Mais clairement je ne sais pas comment on va vivre le mois prochain...